# SpoilerActu: Pourquoi je n’irai pas voir le prochain Star Wars

Le dernier trailer de la saga Star Wars : Star Wars IX: L’Ascension de Skywalker a été présenté lors de la D23 (23 août 2019 – 26 août 2019), la convention de Disney. Ce trailer est l’occasion de faire un retour sur la série et de son évolution depuis le rachat de la licence par Disney. Surtout depuis le départ de notre regretté Georges LUCAS de la saga qu’il a forgé.

C’est quoi un bon Star Wars ?

Ce qui fait la marque de Star Wars, c’est avant tout une narration universelle et l’application d’une technologie innovante. 

Placé au cœur de sa réflexion le chemin du héros, entre jeunesse et maturité, reprend les plus grandes odyssées à son compte. Nombreuses sont les influences et les figures utilisées dans Star Wars. Elles sont, par exemple, tirées de la mythologie gréco-romaine avec la figure du père à défier pour le dépasser tel un Oedipe moderne, ou bien de l’univers japonais avec la figure du samouraï pour Dark Vador. Cela donne une valeur universelle au discours et une profondeur de lecture beaucoup plus percutante. 

Le récit s’inscrit toujours dans l’actualité de son époque et donne une lecture de notre environnement. La première trilogie, à savoir celle parue en premier (épisode IV, V et VI), nous replace dans le contexte de la Guerre Froide. L’Empire est une vision du communisme où les libertés individuelles sont interdites au profit d’un système politique dictatorial. L’économie est tourné vers les machines de guerre, toujours plus puissante au détriment du peuple, pauvre et affamé qui entraîne une augmentation de la criminalité. Les rebelles sont les libérateurs de cette injustice en faisant la promotion de l’individu comme maître de son destin. Une figure appuyée par le fait que seuls les rebelles soient identifiables individuellement, les stormtroopers portant tous le même casque. La seconde trilogie (épisode I, II et III) nous raconte l’ascension d’un politicien jusqu’au sommet de l’Etat grâce à des manoeuvres politiques douteuses voir illégales. Le Sénat est vide de sens et de pouvoir, corrompu par des lobbyistes qui entraîne la chute de la démocratie. Une critique de la politique américaine à cette époque (Bush, 11 septembre 2001).

Les évolutions technologiques étaient également au cœur de la démarche de Georges LUCAS et de ses équipes. Le réalisateur a ainsi toujours voulu fournir les plus belles images afin de créer un univers le plus réaliste possible. A tel point qu’il fait, dans les années 2000, une réédition des 3 premiers films avec des effets numériques inédits. Et il est vrai qu’il nous amène à chaque fois dans les étoiles.

En complément, une fois n’est pas coutume, voici l’émission de radio de France Inter Si l’Amérique m’était contée :  L’Empire Star Wars – Sabres Laser, Etoile noire et dollars. Il faut préciser qu’à l’époque de l’enregistrement il n’y avait que deux trilogies :

https://www.franceinter.fr/emissions/si-l-amerique-m-etait-contee/si-l-amerique-m-etait-contee-12-avril-2014

La nouvelle génération et l’exception Rogue One

Les œuvres qui ont été créé après la cession de Lucasfilm à Disney n’ont pas permis de retrouver une telle qualité narrative et technique. Il existe cependant une exception à cette offense, Rogue One. Il s’agit du premier spin off de la série (qui ne retrace pas les aventure de la famille Skywalker). L’histoire prend place juste avant le IVème film (donc le premier film à sortir sur grand écran en 1977) et décrit comment les rebelles ont réussi à récupérer les plans de l’Etoile Noire. Une aventure plus sombre mais qui a su retranscrire ce qu’était un bon Star Wars. Le film n‘est pas parfait mais l’on y retrouve une histoire qui sait s’inscrire dans notre temps. En effet la rébellion est une lecture froide du conflit contre les puissances politiques et entrepreneuriales. Une envie de rébellion et de changement que l’on sent dans notre actualité.

Les images sont également d’une beauté à couper le souffle. Ce que l’on retrouve également dans les derniers Star Wars il faut le dire. Les capacités techniques qui sont déployées dans Rogue One pour recréer les personnage de Tarkin et de la princesse Leia sont bluffantes à tel point que l’on se demande pendant tout le film si ce ne sont pas des rushes des premiers films. On y retrouve alors un récit sombre mais qui donne de l’espoir et des images marquantes comme la poursuite de Dark Vador dans le vaisseau de Leila qui saura mouiller toutes les moustaches. A must-see !

Rogue One rend hommage aux premiers films de la saga dans la construction de son univers sale mais réaliste. On pense notamment au marché de Jakku qui rappelle la crasse de Tatooine. Un aspect documentaire qui donne une crédibilité au discours bien loin du classique de la SF à l’époque avec ses lignes parfaites synonyme de progrès. Le film ne se perd cependant jamais dans un copié collé des premiers volets. Ils gardent, en effet, une identité propre. C’est ce que n’a pas réussi à faire la troisième trilogie et le spin off autour du personnage de Han SOLO.

Pour les deux premiers films de la dernière trilogie, il s’agit d’un remake des premiers mais sans aucune originalité et dans une déconstruction du discours des premiers qui n’apporte rien à l’univers. Ils passent dans une démesure propre à ceux qui n’ont pas l’inspiration et le talent pour hériter d’un tel monument. L’Etoile noire devient Starkiller, et donc 10 fois plus grosse, l’empereur devient Snog et la Force nous fait tomber du côté lumineux et non du côté obscur. Une mise en abîme et un gigantisme inintéressant qui bafoue l’œuvre originale. Hormis de belles images, il n’y a aucun progrès technique tel que ce fut le cas avec Star Wars II, le premier film a avoir été tourné entièrement en numérique. Il n’y a même parfois aucun sens aux situations à tel point que la destruction de la flotte par un vaisseau dans l’hyperespace dans le dernier film en date remet en question la logique même des combats dans l’espace. Si un vaisseau est capable de détruire une flotte en fonçant sur elle lors d’un saut dans l’hyperespace, il n’y a donc aucune raison de s’affronter dans des conflits spatiaux gigantesques. 

Le spin off SOLO, quant à lui, pourrait être résumé ainsi « ils nous montrent ce que l’on ne voulait pas voir ». La part de mystère d’Han SOLO permet de créer la profondeur et la complexité du personnage. Nous montrer son histoire en reprenant toutes les petites phrases qu’il a pu dire dans les films du genre « Le raid de Kessel en 12 parsecs », n’a d’autre intérêt que de vider le personnage de sa substance. Un défaut majeur dans le film qui perd alors le spectateur non initié car le film est vide si l’on ne connaît pas les références. Cela est particulièrement visible dans la dernière scène du film qui ne parlera qu’à ceux qui ont suivi la série animé Star Wars : The Clone Wars.

Star Wars IX

Star Wars IX sortira en décembre prochain et nous a déjà proposé deux trailers. Dont voici le premier:

Le deuxième trailer, quant à lui, nous montre tout d’abord des scènes des autres films pour nous indiquer qu’il s’agit du film clôturant la série des Skywalker. Une approche intéressante car elle nous indique la fin définitive d’un arc tout en nous remémorant les scènes les plus marquantes des trois trilogies. La voie qui nous guide pendant cette remontée fulgurante dans le temps est Luke SKYWALKER. Il souligne les images nous précisant qu’il s’agit de la fin et du dernier combat. La suite du trailer fait apparaître les personnages principaux de la saga actuelle, Rey et sa petite bande ainsi que la princesse Leia. La scène permet alors de recentrer l’action sur les personnages de la dernière trilogie.

L’arrivé à l’écran de plusieurs vaisseaux et d’une armada qui remplit alors le ciel nous montre un conflit en approche dans un gigantisme propre aux derniers films. C3PO a les yeux rouges et un laser tiré depuis l’espace déchire le sol, puis Rey apparaît en pleine démonstration de ses pouvoirs. La guerre approche, le dénouement ! Puis c’est la voix de l’empereur qui monte sur le bruit du sabre laser de Kylo Ren. Il nous indique également que le conflit arrive à son terme. Le bien et le mal s’affrontent de nouveau dans un combat au sabre laser. La scène de fin arrive comme un choc, Rey dans une tenue obscure, un sabre laser rouge !

Le trailer est bien construit et le retour de l’Empereur est alors inévitable. Nous nous y attendions depuis le dernier trailer de Star Wars IX. Cela nous confirme que l’originalité ne sera pas de mise dans ce dernier volet. La présence d’une Rey obscure à la fin du trailer, également, le confirme. Le service marketing adore décidément inverser les rôles entre lumière et ténèbre. Le gigantisme est de nouveau de mise. On peut donc s’attendre à une suite digne des deux premiers films : sans histoire bien construite ou qui nous parle. On ne retrouve pas non plus la présence d’une technologie bien utilisé qui nous immerger davantage dans cet univers avec un effet Whaooo.

Peut-être faudra-t-il attendre les séries sur Les Mandaloriens (avec comme personnage principal Boba Fett et qui est prévu pour le 12 novembre 2019), sur Obi wan et peut être même sur Dark Maul pour connaître un renouveau dans l’univers de Star Wars. En attendant, comme un acte citoyen, je n’irais pas voir le prochain film. Il s’agit de crier haut et fort que l’on veut moins de personnages qui ne servent qu’à vendre des peluches mais une vraie histoire qui ne fera qu’étendre l’influence de ce merveilleux univers Star Wars. En attendant on peut toujours se plonger dans les livres et autres support de l’univers étendu, les jeux vidéo entre autres.