#Explociné: Robinson/ L’appel des profondeurs

A mesure que l’homme s’aventure aux confins de son environnement, l’aventure prend une toute autre dimension. Il s’élargit. Outre les îles et jungles lointaines, il s’aventure désormais au coeur des profondeurs abyssales ou même dans le (pas si) vide cosmique. Maintenant que la surface terrestre est cartographiée dans son intégralité ou presque, c’est un autre type d’’infini qui attire désormais les explorateurs. Sous marin et autres vaisseaux spatiales sont maintenant les nouveaux radeaux, quand ce n’est pas la prison déserte, elle même. L’exploration tant de l’infiniment haut tout comme l’infiniment profond est encore assez jeune et les deux regorgent encore de mystères. Si l’on retrouve donc les classiques zones non cartographiées, environnement hostile et population indigène aux coutumes intriguantes (quand indigènes il y a), ces éléments se mêlent ici aux questions à caractère principalement scientifique relatives à ces nouveaux terrain de jeu. 

Dans ces nouveaux espaces, l’environnement est encore si difficilement vivable pour l’homme (voire mortel tout simplement) qu’il est obligé d’utiliser la machine pour s’y déplacer. L’aventurier ou le groupe se retrouve donc souvent dépendant de la machine mais aussi confiné(s) dans l’espace réduit de leur vaisseau/sous marin. Là où le Robinson insulaire pouvait se déplacer tout de même plus facilement et bénéficiait d’une vie à l’air libre, ici s’ajoute le souci du confinement. Celui ci affecte ainsi la santé mentale des protagonistes et joue avec leur survie. On se rappelle tous le syndrome des profondeurs du Lieutenant Hiram Coffey dans le Abyss de James Cameron (1989). Outre la forte résonance avec des événements récents, il s’agit ici également d’interrogations nécessaires lorsque l’on sait que très peu des univers nouvellement explorés conviennent à notre métabolisme. Vie confinée ? Dépendance totale ou partielle à la technologie ? Voyages à la vitesse de la lumière ? Respiration liquide ? Que nous réserve donc ces mondes ? 

Le film confiné fait également ressortir les dissensions politiques de son époque. Le soviétique Octobre rouge (John McTiernan, 1990) ou encore les jeux de pouvoir autour du sauvetage de Mark Watney (Ridley Scott, 2015) révèle ce qui se cache à même la surface. L’explorateur découvre ainsi non seulement des contrées lointaines mais permet également la révélation mais aussi, parfois, la construction d’un monde nouveau. 

Sélection de nos aventures confinées préférées : 

Abyss, James Cameron, 1989 


Seul sur Mars, Ridley Scott, 2015 


Kursk, Thomas Vinterberg, 2018 


Octobre Rouge, John McTiernan, 1990 


Le Chant du Loup, Antonin Baudry, 2019 

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