#Explociné: Happy pride (3/3)/ John Waters et la divine provocation

Aussi appelé par la presse, “The Prince of Puck” (FR: Le prince du vomi), le réalisateur John Waters est une figure indétrônable du cinéma. 

Né aux alentours de Baltimore en 1946, il  s’est fait connaître par ses films et son attitude résolument provocatrice. Attitude qu’il cultive depuis son enfance dans une école catholique qui forgera son humour corrosif et dénonciateur. Ouvertement gay, il n’hésite pas à parler crûment à l’antenne au grand dam des présentateurs et autres producteurs qui ont bien du mal à le contenir. 

John Waters, le ver dans la pomme hollywoodienne 

Impossible d’oublier un film de John Waters ! D’abord cinéaste underground, faisant débat au sein même des communautés marginales qu’il défend, il est désormais reconnu comme un grand artiste. Il fait aujourd’hui parti des grands de ce monde qu’il a tant déconstruit. La plus grande des ironies pour le citer directement. Le réalisateur insiste cependant “Je n’ai pas changé. La société, oui” (discours de remise des diplômes de l’école de design de Rhode Island, 2015). Une société qu’il n’a cependant de cesse de questionner à coups d’humour cru voire très (très) cru. C’est donc à base de snuff movies qu’il dissémine (plus ou moins) discrètement son indignation et ses uppercuts sociétales. Pink Flamingos (1972), Female Trouble (1974) ou encore Desperate Living (1977) sont ainsi le cri de la communauté underground, ceux que l’on nomme les “freaks”. Point de maître cérémonie ici, les monstres choisissent ici eux-mêmes leurs numéros de cirque. Un seul objectif: pousser le concept de dégoût à son maximum. 

Divine et le contre pouvoir de l’artiste 

La Water touch c’est l’excès dans tous les domaines mais surtout du mauvais goût. Le réalisateur, d’ailleurs, s’en revendique. La caméra est son arme et le trash, sa munition. Le tout doit être enrobé de suffisamment d’humour et de second degrés. “Rappelez vous, si vous arrivez à faire rire un idiot, au moins vous l’aurez fait écouter avant qu’il fasse quelque chose de stupide”, explique-t-il pendant son discours aux diplômés 2015 de l’école de design de Rhode Island. 

Le réalisateur, par l’invraisemblance des situations qu’il s’agisse d’une drag queen qui se viole elle même, de trafic humain ou de l’envoi d’excréments par la poste , montre l’invraisemblance du rejet de situations qui sont, de fait, minimisées (ex: l’homosexualité, le travestissement…). 

La violence avec laquelle on brise les codes à l’écran se nourrit ainsi de la violence qu’ont subit ses communautés et surtout de leur colère accumulée. 

La drag queen Divine, aka Glenn Milstead (1945-1988), est d’ailleurs l’incarnation de cette colère. Jeune homosexuel martyrisé et solitaire lorsqu’il rencontre John à l’école, il se métamorphose à l’écran en un personnage rocambolesque et haut en couleur. Il apparaîtra dans presque tous les films du réalisateur et deviendra une figure du monde de la nuit et des milieux queer, jusqu’à sa disparition brutale en 1988 des suites d’une fibromyalgie . 


Pour entrer dans le monde de John et de ses dreamlanders (nom donné à son équipe), petite sélection des grands classiques qu’il faut avoir vu au moins une fois:  

Attention : Ces films sont, pour la plupart classés violent, obscènes et autres joyeusetés. A ne pas mettre sous toutes les paires d’yeux. 

. Pink Flamingos (1972) 


. Hairspray (1988) 


. Cry baby (1990) 


. Polyester (1981) 

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